Quatrieme partie : 22 Aout au 26 Aout
Nous parton quelques jours un peu plus a l est, en dehors des sentiers batus pour nous frotter a la population locale. On va pas etre decus... Apres une journe de train et de bus, nous arrivons a Hsipaw. Nous sommes mis en face de la realite du pays. Ici les gens ne parlent pas aux etrangers pour deux raisons : d une part car le tourisme est sous la main de la mafia locale et des autorites et si les gens sont vus avec des touristes, ils sont suspectes de marcher sur les plates bandes des patrons locaux donc potentiellement en danger... sympa... La deuxieme raison c est que ici, l armee reguliere est en guerre avec l armee Shan car le dernier prince shan qui vivait ici est en taule depuis 2 ans, ainsi les gens ont peur de parler car les deux parties en opposition ont des espions tous les 10 metres dans la ville... sympa...(on sait tout ca car un birman d origine indienne nous a invites discretement a boire le the chez lui a l abri des regards et que sa langue s est deliee. Tout a ete confirme par notre guide le lendemain matin...). On reste ainsi 10 heures dans cette ville que nous nous empressions de quiter... a laube le lendemain. Le lendemain on se retrouve a Kyaukme et on rencontre un guide local. Nous louons des motos et c est parti pour 7 heures sur des pistes ultra defoncees en plaine jungle et au milieu des champs de the une fois arrives en altitude. Notre destination : Namshan, la capitale des Palung, une ethnie locale. La ville est a 2000 m d altitude et les locaux vivent de la culture du the...
Sur la route apres 4 heures e moto, petite pause. Et rien de tel que du porc cru avec du riz, le tout laisse 3 jours dans des feuilles de bananier pour fesander un peu pour se rasasier (et choper plein de maladies)
Un petit arbre pres de namshan ( oui oui c est moi dessus, regardez bien)
Arrives a namshan, notre guide nous fait visiter l'ancien palais royal transforme en ... hopital... Apres cette visite, je prie de tout mon coeur pour ne jamais tomber malade ici.
Mais heureusement il y a une ambulande ce compet en cas de gros probleme...
La ville de 20 000 ames ressemble a rien de ce que j ai eut vu de par le passe en asie. Sa situation en altitue favorise une architecture bien particuliere. Les maisons sont de part et dautre dune rue dalee qui londe une longue crete. Ici les gens sont tres sympa et les enfants tres ... souriants !!! Comme d hab, les locaux ne conaissent pas la tour efel mais zidane est une star nationale...
Comme ce coin perdu au milieu des montagnes ne recois qu une mini poignee de visiteurs blancs, les gens sont tres curieux. De plus, pas de guest house, on dors a l etage chez des gens qui tiennent un resto. En tout cas la vue ici est a couper le soufle dans cette region surnomee par les routerds, la suisse de birmanie. avec les nuages tout autour des montagnes autour de nous, on dirait que la ville est au dessus de rien, perchee au dessus des pics recouverts de champs de the....
Profitons du coucher de soleil.... devinez ki je suis !
Le lendemain, visite des villages palung allentours. Notre guide est vraiment genial ! Ici tout le monde le connais. Apres 2 ans dans l armee Palung, il a travaille dans les champs de the et de pavot ( ca raporte plus..) puis il est descendu en plaine pour bosser dans les mines de rubis de mogok et les mines de jade. Apres avoir accumule asses de sous il a achete un camion et depuis entre deux visites avec des touristes, il fait transporteur de tout et de rien a Kyaukme (bois riz, briques...). En plus d etre un peu fou et de parler comme jeau claude van dame, il est magicien et nous fait bien marrer avec ses tours de passe passe....
Comme d'hab la region est habitee danimaux extraterrestres mangeurs d hommes
DSL mais je peux pas vois dire si c est bon j ai pas goute celui la... il est plutot utilise en medecine traditionnelle...
Pour info, nous sommes dans le triangle d'or du cotes birman, ce pays est le deuxieme producteur d heroine au monde apres l afganistan. Dans cette region, le buisness de l'opium genere beaucoup d argent. En general, les parcelles appartiennet a de riches proprietaires chinois qui font appel aux minaurites Shan et Palung pour la main d oueuvre.
Le liquide brun recolte apres incision du bourgeon de la pleur de pavot coute 4000 $ le kilo. Ici les champs sont a 3 - 4 heures de marche de Namshan. L'opium est transforme en heroine et en metaemphetamines dans des labos artisanaux situes sur la frontiere chino-birmane. Le secteur de namshan produit tres peu d hero, le gros du marche est pres de la frontiere laotienne un peu plus au sud en terres Shan. Ici les cultures sont un pretexte pour le gouvernement qui passe chaque anne detruire 20% des cultures a grands renforts de cameras pour s
e donner bonne conscience pendant qu ils touchent 10% des benefs du reste du marche pour laisser les traficant continuer a opperer. Le trafic de drogue est aussi une cause des rivalites ethniques dans le pays. Tous les grouper ethniques ont une armee et sont ou ont ete en guerre contre le gouvernement pour obtenir l'independance de leur terres et ainsi refler le gros de la mise du trafic. L armee shan (bleu de la carte) forte de 80 000 hommes est encore en guerre avec l armee reguliere et les heurts sont frequents le long de la frontiere thailandaise et laotienne (zones interdites aux etrangers). Les Wa, issus du yunann en chine ont aussi une armee tres forte et tres crain mais ne sont pas en guerre car le gouvernement leur laisse le controle du trafic sur leurs terres (oranges). (moi je suis a cotes de lasio)
Il faut savoir que pour chaque armee, l utilisation d enfants soldats n est pas rare et le buisness de l heroine permet a chaque camp de s approvisionner regul
ierement en armes en chine ou les autorites ferment les yeux sur la contre bande (un marche de 1 Milliard d US $ selon l ONU). Si a cela on ajoute la forte segregation et le rejet des minorites en birmanie par le peuple birman (bamars) majoritaire, on obtien un sacre cocktail.... Dur de croire tout cela en tant que simple touriste dans un pays ou les gens sont si sympa et les aysages magnifiques... mais a sortir des sentiers battus on est aussi plus souvent en face de la realite en voici quelques exemples :
1- Les femmes palung en habits traditionnels sont tres photogeniques. Pour les remercier pour faire la pause, certain touristes font des petits cadeaux ou donnent 200 kiats. Suite a cela, les autorites locales obligent toutes les femmes habillees en tenue traditionnelle a payer un impot sous pretexte qu elles tirent des revenus du tourisme... normal....?
2- La ville de namshan de posede pas de guest house, pour s assurer de recolter les sous du tourisme, le mois prochain, le gouvernement va ouvrir une guest house et les locaux serront interdits de loger des etrangers chez eux....normal..?
3- Le must : le jour de notre depart, notre guide se fait embarquer et mettre en prison sous nos yeux sous pretexte que les motos n ont pa de licence (comme toutes les motos ici car trop chere) et de plus comme il nest pas guide gouvernemental il n est pas autorise a amener des touristes dans cette region. Bilan il a du payer 20$ pour sortir de taule (on la revu 2 jours plus tard..) et il a a payer 100$ (un fortune ici) pour recuperer les motos....
4- Le jour de note retour, 200 km de bus, 10 arets par les forces de polices pour payer le bakschish... normal...?... Dur d expliquer pourquoi le pays qui detient 70% des reserves mondiales de teck, des mines de toutes les pierres precieuses, des hydrocarbures et un potentiel touristique hors du commun peut se retrouver au 173 eme rang mondial en PIB/hab si ce n est par une corruption rampante a tous les etages....
C est ce genre d experience qui fait reflechir... on est pas si mal en france...